Pourquoi il fallait prendre Henry

Les deux derniers matches amicaux ont confirmé les craintes que tous nourrissaient à l’égard de celui qui fut l’un des meilleurs attaquants du monde : Thierry Henry est cuit, trop vieux, n’a plus les jambes ni les idées. Il ne fait plus la différence, n’est plus titulaire et ses entrées en jeu récentes ont été insatisfaisantes, pour ne pas dire désastreuses.

Il a avoué lui-même aux médias, il y a quelques jours, avoir eu une conversation avec le sélectionneur à Barcelone (son club, avec lequel il a très peu joué ce dernier semestre) au cours de laquelle Domenech lui aurait signifié que son départ en Afrique du Sud serait soumis à la condition qu’il prenne place sur le banc (et surtout, qu’il évite d’en faire toute une histoire…). Le Parisien croit même savoir qu’il n’était même pas prévu que Henry fasse partie des 30, à l’instar de Vieira), mais que le joueur a su persuader son coach au cours d’un deuxième entretien. Bon Domenech a démenti mais c’est pas une surprise.

Toujours est-il que Henry est là. Et il est probablement le moins en forme des attaquants de pointes retenus (parmi Anelka, Cissé, Gignac et lui). Et sur un plan strictement sportif, on peut légitimement se demaner s’il mérite plus qu’un Benzema, voire un Gameiro.

Pourtant Henry devait en être. Pas pour son expérience : il y a d’autres joueurs chevronnés parmi les 23 et plus grand monde n’accorde beaucoup d’importance au fait qu’il reste le dernier champion du monde 98. Pas non plus pour son charisme : Henry a perdu de sa superbe depuis un petit bout de temps déjà et était contesté bien avant que Guardiola décide de lui faire cirer le banc.

Il devait en être parce qu’il a qualifié la France. Certes un sélectionneur ne devrait pas avoir à choisir selon des critères de gratitude et en remerciement des services rendus dans le passé comme l’a signifié Marcello Lippi à Fabio Grosso qui avait inscrit le tir au but décisif en 2006 qui avait envoyé l’Italie sur le toit du monde. Mais au fond, n’aurait-il pas été terrible que celui qui a propulsé les Bleus au Mondial et qui a du supporter – bien seul… – le discrédit et la disgrâce qui ont découlé de ce match contre l’Irlande soit celui-là même que l’on écarte au dernier moment ?

Imaginons deux minutes avec quelle aisance on aurait pu taxer Domenech d’ingratitude, lui dont la tête a probablement été sauvée au moment précis où Henry allait voir s’abattre sur lui les foudres de la bien-pensance. Et qu’auraient dit les Irlandais – qui ne se sont toujours pas remis de cette histoire ? Les Français n’assument pas, aurait-on lu, ils ont honte, tentent de faire oublier leur qualification imméritée (ça, ça reste à prouver m’enfin…) en faisant un exemple.

Au final, si Henry a certainement laissé une bonne partie de son image de joueur fair-play ce soir là, au Stade de France, il y a peut-être aussi gagné une place dans les 23…

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